La taille

La taille de la vigne est la tâche la plus longue, mais aussi -pour moi- la plus intéressante; elle débute vers le 15 novembre et se termine vers la fin du mois de mars, un peu plus long qu’une saison hivernale et il faut vraiment avoir un dos et un moral d’acier pour aller jusqu’au bout!

Il y a plusieurs types de taille, mais celle que je préfère c’est la taille dite en gobelet: celle qui a toujours été pratiquée par nos ancêtres. Celle ou la vigne n’a pas besoin de piquets ou d’espaliers sur lesquels se reposer. Le but de la manœuvre est d’essayer de garder les bras du cep de vigne en forme de gobelet et ce n’est pas toujours évident selon la manière dont est plantée la parcelle : si elle se trouve sur du plat ou en pente, si elle est exposée au vent ou en est au contraire à l’abri etc…

La vigne est une liane et elle aime bien s’étaler, s’accrocher et s’étendre dans tous les sens; c’est donc un peu défier la nature que de dompter cette plante en lui faisant prendre la forme que l’on veut.

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Mais la taille est aussi un moyen de savoir comment va la vigne, en effet en regardant une souche on peut apprendre beaucoup de choses sur cette dernière; on perce un peu à jour ses secrets et elle nous livre son année passée depuis la saison précédente: La vigueur par rapport à la grosseur des sarments, la maladie en observant certaines taches sur les bois, la charge de fruits et même la force du vent en regardant l’inclinaison de la végétation. Nous pouvons donc faire un check-up un peu comme le docteur peut le faire pour son patient et remédier aux éventuels maux.

C’est le moment d’en profiter aussi pour redresser certains pieds, souvent très vieux, ou maltraités par la tramontane qui se fait souvent remarquer par chez nous, en utilisant les moyens du bord, de vieux piquets ou des cailloux superposés feront l’affaire, ça me fait souvent penser à de l’aide qu’on apporte parfois à une vieille personne à qui on tiendrait le bras pour marcher, je ressens le besoin d’aider mes vignes à continuer de vivre dans les meilleures conditions possibles. Mais il arrive quelquefois qu’il faille amputer quelques bras (de vignes bien sur) qui gênent pour le passage du chenillard, et là pas le choix!

les "souquets" après notre passage, ils seront ramassés pour faire les grillades l'été.

les « souquets » après notre passage, ils seront ramassés pour faire les grillades de l’été.

Il y a aussi un côté esthétique, voire artistique. Avant de commencer à travailler sur une souche, on la regarde, on tourne autour -presque comme une danse- on la touche, à la manière d’un sculpteur devant la matière brute et ce travail se renouvelle encore et encore, car chaque souche est différente et chaque tailleur à son style. Puis, quand on arrive à la fin d’une rangée, on se retourne pour observer le travail accompli, pour vérifier que rien ne dépasse, que tout est en ordre, faire quelques retouches, et voilà…

Quand toute la parcelle a été taillée, que les bois ont été ramassés, que les sarments ont été broyés, on la regarde avec une certaine fierté. C’est beau. Mais on a toujours le sentiment de pouvoir faire encore mieux l’année prochaine.

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