De mena [dé mƸnƏ] (catalan)

De mena [dé mƸnƏ] loc. adv. és un terme català que vol dir « per natura », de fet és per natura que em llanço a l’elaboració de vi. « Mena » és també present a l’expressió « sense cap mena de dubte », i és el que jo ressento en el sentit que treballar la vinya per fer vi no em fa dubtar, avui, és més, s’ha fet evident. El meu besavi, el meu avi i el meu pare han treballat de valent per deixar-me aquest magnífic camp, fer vi és potser la millor manera de fer-los homenatge, de donar-los les gràcies… És de mena!

IMG_1411

Publicités

La taille

La taille de la vigne est la tâche la plus longue, mais aussi -pour moi- la plus intéressante; elle débute vers le 15 novembre et se termine vers la fin du mois de mars, un peu plus long qu’une saison hivernale et il faut vraiment avoir un dos et un moral d’acier pour aller jusqu’au bout!

Il y a plusieurs types de taille, mais celle que je préfère c’est la taille dite en gobelet: celle qui a toujours été pratiquée par nos ancêtres. Celle ou la vigne n’a pas besoin de piquets ou d’espaliers sur lesquels se reposer. Le but de la manœuvre est d’essayer de garder les bras du cep de vigne en forme de gobelet et ce n’est pas toujours évident selon la manière dont est plantée la parcelle : si elle se trouve sur du plat ou en pente, si elle est exposée au vent ou en est au contraire à l’abri etc…

La vigne est une liane et elle aime bien s’étaler, s’accrocher et s’étendre dans tous les sens; c’est donc un peu défier la nature que de dompter cette plante en lui faisant prendre la forme que l’on veut.

IMG_1110

Mais la taille est aussi un moyen de savoir comment va la vigne, en effet en regardant une souche on peut apprendre beaucoup de choses sur cette dernière; on perce un peu à jour ses secrets et elle nous livre son année passée depuis la saison précédente: La vigueur par rapport à la grosseur des sarments, la maladie en observant certaines taches sur les bois, la charge de fruits et même la force du vent en regardant l’inclinaison de la végétation. Nous pouvons donc faire un check-up un peu comme le docteur peut le faire pour son patient et remédier aux éventuels maux.

C’est le moment d’en profiter aussi pour redresser certains pieds, souvent très vieux, ou maltraités par la tramontane qui se fait souvent remarquer par chez nous, en utilisant les moyens du bord, de vieux piquets ou des cailloux superposés feront l’affaire, ça me fait souvent penser à de l’aide qu’on apporte parfois à une vieille personne à qui on tiendrait le bras pour marcher, je ressens le besoin d’aider mes vignes à continuer de vivre dans les meilleures conditions possibles. Mais il arrive quelquefois qu’il faille amputer quelques bras (de vignes bien sur) qui gênent pour le passage du chenillard, et là pas le choix!

les "souquets" après notre passage, ils seront ramassés pour faire les grillades l'été.

les « souquets » après notre passage, ils seront ramassés pour faire les grillades de l’été.

Il y a aussi un côté esthétique, voire artistique. Avant de commencer à travailler sur une souche, on la regarde, on tourne autour -presque comme une danse- on la touche, à la manière d’un sculpteur devant la matière brute et ce travail se renouvelle encore et encore, car chaque souche est différente et chaque tailleur à son style. Puis, quand on arrive à la fin d’une rangée, on se retourne pour observer le travail accompli, pour vérifier que rien ne dépasse, que tout est en ordre, faire quelques retouches, et voilà…

Quand toute la parcelle a été taillée, que les bois ont été ramassés, que les sarments ont été broyés, on la regarde avec une certaine fierté. C’est beau. Mais on a toujours le sentiment de pouvoir faire encore mieux l’année prochaine.

IMG_1112

Les p’tits cailloux

Cette année, nous avons dû labourer toutes les vignes qui étaient auparavant désherbées chimiquement, et c’est là que j’ai compris pourquoi certaines parcelles n’avaient jamais connu le travail du sol.

En effet après que mon père ait labouré le « Pilou » nous nous sommes rendu compte qu’il y avait plus de cailloux que de souches dans cette vigne!!!!

Du coup nous avons ramassé les plus gros en espérant ne pas en sortir davantage au prochain labour…

Cette tâche est épuisante, mais c’est une vraie récompense de voir le résultat du travail accompli!

Pétanque

Pétanque

Là c'est plein!!!

Là c’est plein!!!

avant......

avant……

après!!!

après!!!

A la cave

Cette année est ma première. Je vinifie une vielle parcelle d’un hectare, majoritairement plantée de grenache noir sur la commune de Vingrau (IGP Cotes Catalanes) et une petite parcelle de Macabeu sur la commune de Paziols (IGP Pays d’Oc). J’ai appris à faire du vin l’an dernier grâce à mon pote Xavier, et pour moi cela a été une véritable révélation !!! Le travail à la cave est tout aussi passionant que celui de la vigne, j’ai décidé de travailler les vins avec le moins d’intrants possible: pas de levures et très peu ou pas de sulfites, sans pour autant mettre les vins en danger (s’il en faut, j’en met), pas de collage ni de filtrage. Pour le matériel et les conseils je m’arrange avec Xavier et d’autres vignerons du coin en échange d’un coup de main ou d’un prêt de chenillard… Pour les vendanges, foulages et pressurages je peux toujours compter sur ma famille et mes amis! Merci à eux.
L'équipe des potes et de la famille aux vendanges...Papi René aux manettes...et je choisis toujours la plus belle vendangeuse pour fouler mes raisins...
L'équipe des potes et de la famille aux vendanges...Papi René aux manettes...et je choisis toujours la plus belle vendangeuse pour fouler mes raisins...
L'équipe des potes et de la famille aux vendanges...Papi René aux manettes...et je choisis toujours la plus belle vendangeuse pour fouler mes raisins...
L'équipe des potes et de la famille aux vendanges...Papi René aux manettes...et je choisis toujours la plus belle vendangeuse pour fouler mes raisins...
L'équipe des potes et de la famille aux vendanges...Papi René aux manettes...et je choisis toujours la plus belle vendangeuse pour fouler mes raisins...
L'équipe des potes et de la famille aux vendanges...Papi René aux manettes...et je choisis toujours la plus belle vendangeuse pour fouler mes raisins...

L’équipe des potes et de la famille aux vendanges…Papi René aux manettes…et je choisis toujours la plus belle vendangeuse pour fouler mes raisins…

A la vigne

Depuis ce printemps mon père et moi travaillons les vignes de manière plus naturelle (conversion vers l’agriculture biologique). C’est par conviction que j’ai voulu aller dans ce sens pour notre santé et préserver l’environnement; ce mode de culture demande une attention particulière et un peu plus de travail -voire beaucoup plus…

Nous n’employons que du soufre et du cuivre (le moins possible) pour les traitements, l’engrais est organique et nous labourons toutes nos parcelles: c’est pourquoi nous avons remis en état le chenillard de mon grand père pour pouvoir labourer les vieilles vignes plantées plus étroites que les plus jeunes. Cela a aussi été une aventure que de ressortir le chenillard, un nouveau retour aux sources, un lien supplémentaire avec le travail des anciens.

IMG_0642 IMG_0645 IMG_0647 IMG_6350

De mena

De mena [dé mƸnƏ] f est un terme catalan qui veut dire « par nature », en effet c’est par nature que je me lance dans l’élaboration de vin; Mena peut aussi vouloir dire sans le moindre doute (sensé cap mena de); que je ressens dans le sens où travailler la vigne pour aboutir au vin ne fait plus aucun doute pour moi aujourd’hui, c’est même devenu une évidence.

Mon arrière grand père mon grand père et mon père ont travaillé très dur pour me laisser ce magnifique domaine, peut-être que faire du vin est la meilleure manière de leur rendre hommage, de les remercier…Es de mena!

De Mena

Pourquoi je fais du vin

Pourquoi je fais du vin...

…Commençons par le début.

Ça fait plus de dix ans que je travaille dans les vignes, un domaine familial – depuis trois générations, qui s’étend sur 30 hectares aujourd’hui, et que je mène depuis ce printemps en conversion vers l’agriculture biologique, et jusqu’alors je n’avais jamais pensé pouvoir faire mon propre vin.

Puis j’ai rencontré des personnes qui m’ont fait réfléchir et m’ont ouvert les yeux sur les possibilités que mon terroir pouvait offrir. En parallèle, mes goûts et mes envies ont évolué vers une alimentation et une vie plus respectueuse de la nature, dans la mesure du possible aussi.

Ces personnes m’ont fait goûter à des vins différents, m’ont ouvert les portes d’un univers que je ne connaissais pas. De là est née une passion pour le vin, l’envie de découvrir, de tester, malgré les réticences de mon palais et certains a priori qu’il a fallu dépasser.

Le jour où la cave à vin Les Indigènes a ouvert ses portes à Perpignan, il y a presque quatre ans maintenant, marque en partie le début de ma prise de conscience. J’en profite d’ailleurs pour remercier ici Chris et ses amis, qui m’ont aidé vers ce cheminement intérieur, qui se manifeste aujourd’hui dans ma cave.

Mes amis et ma famille sont un point fort dans cette envie de me lancer. Ils m’ont tous soutenu,poussé, donné envie d’aller plus loin et de dépasser des craintes inhérentes à un changement. Mais c’est un projet de vie et se sentir épaulé est une grande chance pour moi.